Opéra National de Paris
Sujet de Marius Petipa
D’après un conte d’E.T.A. Hoffmann, adapté par Alexandre Dumas
J’ai vu ce magnifique ballet samedi dernier à l’Opéra Bastille! Magique! De merveilleux danseurs nous enchantent dans des costumes et des décors somptueux.
Distribution: 26 décembre 2009
|
CLARA DROSSELMEYER LUISA FRITZ LE CASSE NOISETTE LA MERE LE PERE LA GRAND MERE LE GRAND PERE |
Mathilde Froustey Karl Paquette Caroline Bance Axel Ibot Adrien Bodet Amélie Lamoureux Emmanuel Hoff Céline Talon Jean-Christophe Guerri |
A propos du spectacle
Paru en 1816, Casse-Noisette et le Roi des rats, conte fantastique d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, connaît en 1845 une adaptation française par Alexandre Dumas père, adaptation dont s’inspire Marius Petipa en 1892 pour créer la première version chorégraphique de Casse-Noisette.
En écrivant ce conte, E.T.A. Hoffmann inaugure dans la littérature une nouvelle école du regard, invitant le lecteur à suivre la petite Marie dans ses voyages entre le réel et le merveilleux. Par cette approche, l’écrivain contribue à ce désir commun aux premiers romantiques de faire émerger un nouvel « âge d’or » dans la culture, où l’intuition poétique serait la promesse d’une réconciliation entre les hommes et le « cosmos ». Toutefois, en ouvrant cette voie, il donne également forme à un espace imaginaire inédit où se côtoient désormais autant le rêve que les cauchemars, autant la lumière que les profondeurs de l’âme. Son Casse-Noisette peut être ainsi regardé comme un conte aux sombres replis, où les rêveries de l’enfance sont perturbées par la marche de l’inconscient. La version d’Alexandre Dumas est en revanche plus proche des contes de Noël qui empruntent aux traditions populaires leurs ressorts narratifs. Lorsque Marius Petipa – chorégraphe en titre des Théâtres Impériaux – s’empare du thème, son souci est essentiellement d’en faire un divertissement pour les fêtes de fin d’année, auxquelles doivent assister le Tsar Alexandre III et sa famille. Aussi, s’appuie t-il sur la version de Dumas qui lui permet d’envisager un second acte faisant la part belle à la danse pure. Seul Tchaikovski, auteur de la partition musicale, reste fidèle au romantisme hoffmannien. Par la suite, les chorégraphes reprenant la musique de Tchaikovski épouseront tantôt l’une ou l’autre des interprétations du conte. Certains tenteront de recréer l’émerveillement de l’enfance dans l’esprit du ballet de Petipa, tandis que d’autres adopteront la vision plus ténébreuse d’Hoffmann, n’hésitant pas à interroger les frontières qui séparent le rêve de la folie.
L’Opéra de Paris a vu se succéder les versions de Jean-Jacques Etcheverry (1947), Michel Rayne (1965) et Rosella Hightower (1982), ainsi que celle de John Neumeier, entrée au répertoire en 1993. Lorsqu’en 1985, Rudolf Noureev crée à son tour son Casse-Noisette, il s’inscrit dans la tradition chorégraphique de Petipa, mais en renouvelle la vision trop idyllique en renouant avec l’étrangeté du récit hoffmannien : l’extravagante histoire de poupées et de rats devient alors la projection d’un rêve d’adolescente culpabilisée par ses désirs féminins naissants. Rudolf Noureev en tire trois ans plus tard un film qu’il tourne lui-même avec les danseurs du Ballet de l’Opéra.
